Maladie de pompe : modalités diagnostiques

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Médecin en train de faire un testing musculaire de jambe à un patient

Plusieurs manifestations et symptômes constituent des signes d’appel pour le diagnostic de la maladie de Pompe. Cet article vous présente les modalités diagnostiques de cette maladie (faiblesse musculaire, insuffisance respiratoire, insuffisance cardiaque…).

Le diagnostic et le bilan initial de la maladie de Pompe ou glycogénose de type II est souvent fait en France dans le cadre d’un centre expert (centre de référence ou de compétence), rattaché aux filières neuromusculaire (FILNEMUS) et des maladies héréditaires du métabolisme (G2M).

Le bilan initial permettant d’aboutir au diagnostic est expliqué dans un Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS)[1] validé, destiné à tous les professionnels en charge du suivi des patients. Confirmer la maladie de Pompe permettra, après une évaluation précise de la sévérité du cas et de son évolutivité, de proposer au patient une prise en charge pluridisciplinaire personnalisée (faisant intervenir divers professionnels experts : neurologue, pneumologue, médecin rééducateur, kinésithérapeute, ergothérapeute…) et de définir avec lui les modalités de celle-ci.

Comment parvenir au diagnostic ?

L’interrogatoire et l’examen clinique menés par un professionnel formé dans le domaine neuromusculaire permettra de suspecter un processus myopathique et peut-être d’emblée la maladie de Pompe, notamment en cas d’association d’un déficit des ceintures et d’une atteinte respiratoire marquée dès un stade précoce de l’évolution de la myopathie, qui évolue sur un mode chronique et progressif. Parfois, c’est toutefois une simple élévation des CPK chez un sujet asymptomatique qui conduira à des investigations.

Les examens principaux à proposer pour caractériser l’atteinte musculaire sont :

  • s’il n’a pas été fait initialement, le dosage des CPK, généralement modérément élevées dans la maladie de Pompe
  • l’électromyogramme (EMG), qui pourra révéler lors de l’insertion d’une aiguille électrode dans le muscle au repos puis en action (phase de détection) des tracés myogènes faisant évoquer une myopathie
  • l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) musculaire, si possible du corps entier, qui permettra de manière non invasive et indolore d’explorer les remaniements musculaires souvent très sélectifs associés à la myopathie. Dans la maladie de Pompe, une atteinte précoce de la langue, des muscles sous-scapulaires et de ceux de la ceinture pelvienne est habituelle.
  • l’évaluation de l’activité respiratoire par des EFR (Explorations Fonctionnelles Respiratoires). Le test sera fait idéalement assis, puis couché, l’aggravation des paramètres étant généralement observée lorsqu’on s’allonge dans la maladie de Pompe. Les conséquences de l’atteinte respiratoire pourront être évaluées plus précisément par l’étude des gaz du sang et de la polysomnographie, un enregistrement des caractéristiques de la ventilation pendant le sommeil.
  • chez l’enfant, une échographie cardiaque à la recherche d’une cardiomyopathie hypertrophique. L’évaluation cardiologique (avec électrocardiogramme et échographie cardiaque) est par ailleurs généralement proposée à tout âge et de manière non spécifique lors de la phase d’évaluation d’une myopathie non précisée sur le plan du diagnostic.

Modalités diagnostiques

Si le bilan oriente vers une maladie de Pompe ou parfois d’emblée lorsque la situation est cliniquement évocatrice, on proposera une mesure de l’activité enzymatique de la maltase acide (alpha-glucosidase acide ou GAA, qui est l’enzyme déficitaire dans cette maladie) sur leucocytes, voire sur simple prélèvement de sang déposé sur papier buvard. L’effondrement de l’activité de l’enzyme est évocateur du diagnostic, et sera confirmé par un deuxième prélèvement.

L’analyse génétique permettra l’affirmation formelle de la maladie, en mettant en évidence des variants pathogènes du gène GAA, à l’origine du dysfonctionnement de la maltase acide. La maladie est de transmission autosomique récessive, c’est-à-dire que pour être malade, les deux copies (une d’origine maternelle et l’autre d’origine paternelle) du gène doivent porter un variant pathogène, identique (on parle alors de variant à l’état homozygote) ou différent (variant à l’état hétérozygote composite).

Le dépistage chez les apparentés à risque

L’obligation d’informer ses apparentés du diagnostic génétique est désormais portée dans la loi. Il est possible de dépister la maladie de Pompe chez les frères et sœurs d’une personne atteinte1 (chacun d’entre eux a 25% de risque d’être atteint compte tenu du mode de transmission de l’affection), avant même l’apparition des symptômes.(En savoir plus sur le diagnostic et lien familial ). Dans la grande majorité des cas, le test de dépistage initial repose sur le dosage enzymatique, mais une analyse génétique est parfois proposée d’emblée. Sauf consanguinité (qui augmente le risque de retrouver une anomalie génétique au sein d’une famille), le risque que les parents ou les enfants d’un(e) patient(e) atteint(e) d’une maladie de Pompe soient atteints eux-mêmes est extrêmement faible compte tenu de la rareté des variants pathogènes de GAA dans la population générale.

Rappelons que pour toute étude génétique, le consentement écrit du patient ou de l’apparenté est indispensable ; dans le cas d’un mineur, ce sont les parents ou représentants légaux qui expriment ou non leur consentement. La personne aura au préalable été informée de manière intelligible et loyale des caractéristiques de la maladie recherchée et de l’intérêt du diagnostic. En cas de diagnostic présymptomatique, la procédure est assurée par un service de génétique clinique.

1.sfmyologie

CEP : 7000024014-01/2019